
gémeaux, j ai maux, j ai mots - Comme ils sont sympathiques, ces deux là, Antiochus et Seleucus, d autant plus unis dans leur amour fusionnel de jumeaux qu ils sont épris de la même femme! Corneille vieillissant a cru trouver dans ce conflit gémellaire une nouvelle modalité de ces drames auxquels il devait donner son nom. Soit, mais au prix d une certaine invraisemblance: la relation des deux fils avec l odieuse Cléopâtre n est guère pensable... Elle n en est pas moins représentable, et cette pièce exceptionnellement stimulante trouve de temps en temps des interprètes à sa mesure. Le plus dur à vrai dire c est de trouver les jumeaux...
Sublime - Des récits ouvrent lentement la pièce, puis peu à peu tout s éclaire : le monstre qu est Cléopatre se dévoile et rien ne semble alors pouvoir résister à sa passion furieuse pour le pouvoir. Epouse criminelle, mère infanticide, le personnage apparaît en contre point par rapport à ses fils aimants, respectueux et amoureux qui réagissent chacun différemment face à ce déferlement de violence aux sein des alliances familiales et politiques. Tous sont pris dans une intrigue implacable ménageant un suspens qui atteint son point d orgue au cinquième acte. Une pièce moins connue que les grands classiques de Corneille, dont l accès est peut être un peu difficile à la première lecture mais dont les relectures montrent que le génie de Cinna est bien là, sublimé par la monstruosité d une nouvelle Médée.